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Portrait d'entrepreneur sans fontières (1/20)

Interview de Vincent LE GOUIC / Lisieux

 

 

 

Recette gagnante

 

En septembre dernier, Vincent Le Gouic s’est rendu à Cincinnati pour une cérémonie quelque peu originale : l’inauguration du premier distributeur automatique de pizzas implanté aux États-Unis. Un petit pas pour les consommateurs américains, premiers engloutisseurs de pizzas au monde, et un grand pas pour Adial, qui voit s’ouvrir devant elle d’immenses perspectives.

Toutes les planètes sont alignées pour que l’entreprise réussisse ce superbe pari. La maîtrise technique de la machine, développée depuis plus de dix ans, désormais équipée d’un écran entièrement tactile et d’un logiciel de gestion extrêmement utile pour les exploitants ; l’engagement des pizzaïolos qui, après quelques réticences originelles, ont saisi tout l’intérêt qu’ils avaient de distribuer ainsi leurs créations ; et la maturité du public, totalement habitué à dialoguer avec des machines et qui a compris que l’automate n’était pas synonyme de mauvaise qualité.

S’y ajoute l’arrivée, il y a dix-huit mois, d’un dirigeant ayant su apporter de l’audace à l’entreprise et qui a tout

de suite pensé à l’export. « J’avais comme idée de trouver des partenaires locaux pour assurer l’installation, la maintenance, la communication, la politique de coût », explique Vincent Le Gouic, qui avoue avoir voulu « démarrer modestement ». Mais une rencontre avec un Franco-Américain installé dans l’Ohio a changé la donne. Curieusement, les USA ne connaissaient pas les distributeurs automatiques de pizzas. Et  l’implantation de la première machine a déclenché un buzz retentissant sur les réseaux sociaux. La grande presse (New York Times, USA Today, les chaînes de télévision nationales) s’y est intéressée et le gouverneur de l’État s’est même fendu d’un tweet saluant l’événement.

C’est désormais en milliers de machines qu’Adial doit penser. Déjà, la production commence à s’organiser pour faire face à la demande. « Dans les deux ans, on peut décupler l’activité et conforter notre position de leader mondial. Nous entrons dans une période cruciale », commente Vincent Le Gouic. Lui qui peste contre les tendances à la lenteur de la société française ne veut pas perdre de temps. Si le potentiel USA se réalise, Adial envisage une implantation locale progressive, pour la finition, l’assemblage… Lisieux restera le centre névralgique, produira des sous-ensembles pour l’Europe. « Nous avons révélé le marché, d’autres vont s’y intéresser, d’autant plus que ce qui se passe aux USA fait vite boule de neige ailleurs dans le monde ». Adial a déjà jeté des ponts vers l’Océan Indien, la Russie, la Suisse, sans négliger un marché hexagonal qui demeure éminemment porteur et peut servir d’amortisseur si l’aventure américaine tourne court.

www.adial-france.com

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